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Brigitte Benkemoun, journaliste, écrivaine et héritière de la villa Benkemoun

"J'aime beaucoup raconter des histoires"

La Villa Benkemoun à Arles.

Brigitte Benkemoun et le cardigan Réuni.

Le Monde de RÉUNI explore l'univers, le parcours et les points de vue d'artisans, d'artistes, d'entrepreneurs, de personnalités des industries créatives et culturelles qui contribuent à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et qui influencent d'une manière ou d'une autre notre esthétique et notre art de vivre.

 

Entre l’énergie parisienne et le soleil arlésien, son cœur balance. Si Brigitte Benkemoun a grandi à Arles, ville d’histoire et de culture où elle passe son enfance et son adolescence, elle est très vite happée par l’intensité de la capitale. Aujourd’hui, cette ancienne journaliste devenue écrivaine, partage sa vie entre son loft-appartement du 10ème arrondissement et la Camargue où elle descend régulièrement. 


Chaleureuse et accueillante, elle aime recevoir de manière impromptue autour de plats improvisés. Ce sens de l'accueil, elle le tient de ses parents Simone et Pierre Benkemoun venus d’Algérie en 1962, dont le souvenir reste vivace à travers la Villa Benkemoun. Située en périphérie de Arles, cette grande maison construite en 1974 et imaginée par l’architecte Emile Sala, est à l’image de la famille Benkemoun : conviviale et ouverte au monde. Aux antipodes des codes architecturaux de l’époque, cette villa constitue aujourd'hui un morceau d’histoire(s) dont Brigitte fait vivre la mémoire.


Et les histoires, Brigitte Benkemoun en a fait une deuxième vie en racontant celles des autres. De son grand oncle né en Algérie et mort à Auschwitz, à Dora Maar muse et compagne de Picasso, elle aime tisser les récits de personnalités parfois oubliées en leur redonnant une voix. Elle sortira le 11 mai prochain un nouveau livre, Sa vie pour Picasso, dans lequel elle revient sur la vie de Marie-Thérèse Walter, une autre égérie et femme de Picasso, qui lui a dévoué sa vie.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts.

Série de photos par Antoine d'Agata.

Le salon ensoleillé. 

Bienvenue aujourd’hui dans le monde de Brigitte Benkemoun. Bonjour Brigitte. Ma première question c’est comment te présentes-tu au monde ?


C’est très compliqué car j’ai l’impression d’avoir plusieurs vies, plusieurs cartes de visite, donc plusieurs présentations. Il y a Brigitte qui a été longtemps journaliste et qui est maintenant écrivain, même si j’ai encore du mal à dire le mot. Il y a aussi Brigitte qui est la fille de Pierre et Simone Benkemoun qui a hérité de leur maison et qui s’occupe de la villa Benkemoun. Il y a Brigitte qui est associée avec sa belle-soeur dans une boutique à Arles qui s’appelle Moustique, et puis il y a la mère que je suis, l’épouse d’un grand réalisateur que j’admire, Thierry Demaizière qui sort un film qui s’appelle Allons Enfants.


Le monde intérieur


 Où est-ce que l'on se trouve ici ? 


On est dans le 10ème arrondissement de Paris, ça fait un moment qu’on habite le 10ème. On était d’abord encore plus près de vos locaux chez RÉUNI, cité d’Hauteville, et on a emménagé il y a une dizaine d’années dans cet immeuble qui était d’abord un immeuble de bureaux, et qui, parait-il, a été construit dans les années 40 sous le principe des buildings américains. On vit là depuis 2008. Ce sont des immeubles qui ont été construits étage par étage. 


Est-ce que tu peux me présenter cet endroit, face au marché Saint Quentin, avec une vue très dégagée. A quoi ça ressemblait quand vous avez aménagé ici ? 


Quand nous sommes arrivés ici c’était ce qui a l’air comme ça, d’un loft en hauteur, c’était une accumulation de pièces. Par exemple, là où l’on voit les poutres en béton, c’était des murs qui séparaient tout ça. Mais j’avoue que je n’ai pas craqué tout de suite, c’est plutôt mon mari qui a tout de suite imaginé ce qu’on pourrait faire de ce lieu. Mon à l’époque je travaillais à France Inter, j’y étais à 7h30 le matin, j’en repartais à 20h le soir, on avait des enfants qui étaient ados et je ne voyais pas comment rentrer dans mon emploi du temps des travaux et un déménagement. Je suis rentrée ici en disant "je ne veux pas". J’ai même dit à mon mari que je n’aimais pas la vue - ce qui semble étrange, mais bon il pleuvait et il y avait un toit au premier plan. En fait je n’avais pas envie de déménager. Mais très vite je me suis rendue compte que c’était une bêtise de dire non à ce projet, qu’il y avait une vue comme on en trouve rarement à Paris, on donne sur la médiathèque Françoise Sagan, on voit tout du 13ème à la Tour Eiffel. La vue est apaisante. 

La vitrine de l'entrée. 


Comment tu t’es appropriée ce lieu ? 


On a tout cassé, mais c'était compliqué. Mon mari est assez doué en travaux, mais l’espace le déroutait. On s’est fait aider par un ami architecte, puis ensuite Thierry à gérer les travaux lui tout seul. On voulait un grand espace à vivre qui ne soit pas limité par des portes, mais nous voulions respecter l'intimité de nos ados. 


Quand on arrive dans l’appartement on tombe sur cette vitrine dans l’entrée. 


C’est une vitrine qu’une amie nous a offerte, il y a nous des photos de notre mariage, de nos enfants, de nos parents. Il y a des objets ramenés d’un peu partout, des ex-voto, c’est un musée familial avec des bricoles. Je ne dirais pas que je crois aux forces de l’esprit mais c’est important pour moi qu’ils soient là, qu’ils existent. Cette grande table nous l’avons toujours eue, il paraît qu’elle peut venir d’un monastère ou d’un château, mais les vendeurs de meubles parfois racontent des histoires qui ne sont pas toujours vraies (rires).

La grande table familiale.
Plan de travail en inox.

Il y a aussi cette grande cuisine. 


J’adore cuisiner, je pourrais aussi me présenter comme une cuisinière (rires). J’aime bien recevoir, et j’aime cuisiner. Je cuisine les choses que j’aime et comme je suis gourmande je cuisine beaucoup. Mais je n’aime pas passer des heures et des heures en cuisine. Je suis assez bonne en daube provençale, je fais un très bon pistou, je fais le couscous aussi. J'aime faire des plats mijotés et improvisés.


On continue la visite dans le salon. Il y a beaucoup de photos aux murs. 


Nous aimons beaucoup la photo. Là c’est une photo d’Antoine D’Agata, là c’est un photographe qui s’appelle Nicolas Ackerman et ça c’est un peintre qui s’appelle Ronan Barrot. 

"Je cuisine les choses que j’aime et comme je suis gourmande je cuisine beaucoup."


Le dressing de Brigitte.

Nous arrivons dans ta chambre, quelle relation as-tu aux vêtements ? 


J’ai une relation qui change avec les vêtements. Comme beaucoup de filles j’ai été très compulsive, mais je le suis de moins en moins. Je pense que j’ai un comportement qui rejoint un peu votre démarche. C’est-à-dire que quand j’aime un vêtement je peux l’acheter en trois couleurs. Par exemple ces baskets cela doit faire six ans que je les ai, je les mets énormément. Je les avais trouvées à New York au Nikelab. Depuis, j’écume internet et j’essaye d’en trouver sur des sites. Je les ai en trois exemplaires. Ça devient mon personal branding, je suis tellement bien dedans. Et cette jupe japonaise c’est exactement pareil, elle est super belle et le tissu est dingue. Je l’avais depuis trois mois et je me suis dit qu’elle n’allait pas me quitter. Du coup je l’ai rachetée. C’est de la marque japonaise Pas de Calais. C’est reposant d’avoir un uniforme. J’ai des copines qui sont hyper modeuses et qui sont effarées quand elles m’entendent dire ça car pour elles la mode c’est la fantaisie, c’est changer tout le temps, mais je me suis fatiguée de ça. 


Et tes lunettes elles te sont aussi assez distinctives ? 


Alors il parait que ce sont les lunettes de Le Corbusier qui ont été légèrement adaptées. C’est mon luxe ça, ce sont des lunettes de la Maison Bonnet. 

Brigitte avec ses lunettes de la Maison Bonnet.

Le bureau.

"Ils n'avaient pas une culture immense en matière d’architecture mais ils étaient extrêmement libres"


Le monde extérieur 


J’aimerais maintenant que l’on revienne sur ton parcours et l’importance de tes parents et de leur esthétique. 


Je suis née en Algérie avant l’indépendance. Je n'en ai aucun souvenir car mes parents sont rentrés en 1962 et j’avais 3 ans. D’ailleurs c’est le sujet de mon premier livre La Petite fille sur la photo. Puis mes parents se sont installés à Arles et comme ils n’avaient rien en Algérie, ils n’ont rien perdu ! Là-bas, mon père était fonctionnaire, ma mère institutrice. Ils avaient 31 ans et ils ont commencé une nouvelle vie ici sans amertume, sans nostalgie. J’ai été élevée par des gens qui ne regrettaient pas, qui ne se lamentaient pas. Mon père était quelqu’un de très positif ; il n’y avait pas de problème que des solutions. C’est la magie des Trente Glorieuses, c’est-à-dire que des gens qui n’avaient rien en poche, au bout de 10 ans finissaient par avoir les moyens de faire construire des maisons comme la villa Benkemoun. Mon père a beaucoup travaillé, il était huissier de justice et comme il était très diplomate, à Arles ça s’est vite su que pour éviter les ennuis il fallait passer par lui. Et il s’est fait une belle clientèle, une bonne réputation à Arles. C’est aller très vite ! C’était l’âge d’or des professions libérales. 


Et quelle maison, car ce n’est pas n’importe laquelle ! 


Je pense qu’ils n'avaient pas les codes de l’architecture du sud, ils n’avaient pas de racines en Provence. Ils ne rêvaient pas du mas avec les platanes devant et ne rêvaient pas d'un hôtel particulier en centre-ville. Ils n'avaient pas une culture immense en matière d’architecture mais ils étaient extrêmement libres. L'architecte qui s’appelait Emile Sala les a fait travailler sur un cahier où ils allaient noter tout ce qu’ils voulaient, ce qu’ils aimaient, comment ils vivaient, comment ils aimeraient vivre, où ils voulaient la chambre des enfants. Ma mère a rempli le carnet, puis Emile Sala a ensuite commencé à dessiner. C’est une démarche totalement particulière. Je suis arrivée dans cette maison à 13 ans, la chambre ronde était ma chambre. La première fois que j’ai fait venir un copain à la maison, il m’a dit “oh comment tes parents doivent être riches” et moi je n'anticipais pas ces réactions, à l’adolescence on n’a pas envie d’être différent des autres. 

Les courbes de la Villa Benkemoun.

L'extérieur.

Comment décrirais-tu la villa Benkemoun ? 


Le point de départ, c’est le cahier de renseignements. Emile Sala est venu avec des premiers plans, et tout était rectiligne, c’était des cubes, des rectangles, des carrés. Et mon père a pris un stylo et a commencé à arrondir les angles. Emile est revenu avec de nouveaux plans, et la maison a pris forme, elle était ronde de partout. Cette maison je la vois un peu comme une personne, la tour représente le corps de cette personne, et puis il y a comme deux bras qui sont ouverts, et c’est assez à l’image de mes parents qui étaient très accueillants. Mon père avait le chic pour débarquer à 20h avec trois ou quatre personnes en disant à ma mère “regarde qui j’ai rencontré” et elle devait faire à manger pour le double de personnes que prévu (rires). J’ai rarement vu une maison aussi ouverte sur l’extérieur. A part les chambres à l’étage, c’est vraiment la maison d’une tribu. La piscine est arrivée après et le bâtiment à côté de la piscine aussi. Cette maison est vraiment à l’image de mes parents. 


Et quel lien entretiens-tu aujourd'hui avec Arles ?


C’est vraiment ma ville. Elle a de particulier que c’est une très belle ville qui a plusieurs strates de beauté. C’est une ville qui a été importante au temps des Romains, une ville qui a été importante aussi au temps de la chrétienté. C’est une ville qui n’est pas trop grande. Les gens qui vont s’installer à Arles font tout à pied ou à vélo, c’est 50000 habitants, mais intra-muros 30000 habitants. C’est une ville qui est fière de son histoire. Moi quand j’étais lycéenne on s’y ennuyait, mais aujourd'hui il s’y passe plein de choses. Il y a le Festival de la Photo mais il y a surtout depuis l’année dernière un grand centre d’art contemporain qui s’appelle Luma qui a été fondé par une femme Maja Hoffmann héritière d’une grande famille Suisse, qui est née à Arles qui a créé ce centre de production d’art contemporain. Ce n’est pas juste un musée. C’est un lieu qu’elle envisage comme un lieu de résidence et de création. Il s’invente à Arles un modèle économique assez unique, ca sera peut-être la première ville en France qui va vivre de la culture. Il y a aussi les Éditions Actes Sud, plusieurs librairies, et festivals. C’est une ville qui bouillonne. Bémol, c’est une ville qui devient à la mode et qui attire des gens qui viennent là comme ils seraient allés à l’île de Ré. Ça va peut-être se tasser. Il manquera quand même la culture au sens large, comme le projet RÉUNI, des modèles qui allient culture et économie. Mais c’est une ville géniale, je ne pourrais pas y vivre à plein temps parce que j’ai besoin de Paris. 

"Émile Sala est venu avec des premiers plans, et tout était rectiligne c’était des cubes, des rectangles, des carrés. Et mon père a pris un stylo et a commencé à arrondir les angles"

La chambre ronde. 

Les escaliers qui mènent à la chambre.

Quelles sont les deux ou trois bonnes adresses à Arles ? 


J’ai un resto que j’adore, qui n’est pas le moins cher, mais qui est vraiment une expérience et qui s’appelle La Chassagnette qui est en Camargue, c’est le chef Armand Arnal qui a une étoile au Michelin. C’est un restaurant bio, il a longtemps été le seul restaurant étoilé bio. Il y a un potager magnifique. Et il y a un autre restaurant à l'extérieur d’Arles qui s’appelle le Relais du Castelet, perdu dans les oliviers.


Et dans le 10ème, quelles sont tes bonnes adresses ?


J’adore le marché Saint-Quentin, j’y vais tous les jours. À midi je n'avais rien, alors j’ai été manger chez Pardi qui est très récent. J’y ai pris des poulpes divins. Le primeur bio et le boucher bio je les adore aussi. Ma cantine c’est Chez Marius, c’est le meilleur restaurant du quartier. C’est un chef vénitien. C’est mon côté provincial j’aime bien qu’on me dise "bonjour Brigitte" quand j’arrive quelque part (rires). J’aime beaucoup la rue du Faubourg Saint-Denis, je vais au Grand Café d’Athènes. J’ai vraiment une vie de quartier. 




Aujourd’hui tu es écrivaine.


J’ai été journaliste pendant longtemps. Et tout en étant journaliste j’ai fait un premier livre, et puis un deuxième et puis l’émission sur laquelle je travaille à France 2 s’est arrêtée, j’étais en cours d’écriture du deuxième et je me suis dit que ça valait le coup d’essayer de changer de vie. Je ne vis pas seulement de ça, mais presque. Mon prochain livre sort le 11 mai. Il y a le premier que j’ai écrit sur la galaxie de Picasso qui s’appelle Je suis le carnet Dora Maar, Dora Maar c’était une des muses de Picasso. Je n’étais pas destinée à m’intéresser à cette femme mais ce qu’il s’est passé c’est que mon mari avait un petit agenda Hermès qu’il a perdu. Et comme il aimait vraiment cet agenda, il était assez contrarié. Il va chez Hermès pour le racheter, mais malheureusement, ils ne faisaient plus le même. Il finit par en trouver un sur Ebay, et quand le paquet est arrivé j’ai vu qu’ils avaient oublié un petit carnet d’adresses à l’intérieur. J’ai ouvert le carnet d’adresses et j’y ai trouvé les adresses de Cocteau, Aragon, Breton, Chagall, Brassaï… C’était un carnet d’adresses qui avait appartenu à quelqu’un qui avait connu le tout Paris des années 50. J’ai cherché et j’ai éliminé, et j’ai fini par comprendre que j’avais le carnet d’adresses de Dora Maar, compagne de Picasso. J’ai travaillé pendant 3 ans à partir de ce petit répertoire, et j’ai raconté sa vie à partir de gens connus et croisés. Je voulais faire parler ce carnet. Chaque chapitre est un nom et une adresse. Puis ensuite j’ai rencontré une personne dans une librairie à l’occasion de la sortie de mon livre qui m’a dit de m’intéresser à une autre compagne de Picasso, Marie-Thérèse Walter. Il m’a dit UNE phrase magique “vous verrez cette histoire n’est pas claire”, donc j’ai creusé un peu et j’ai découvert une vie cachée d’une femme qui a réellement été la compagne de Picasso une dizaine d’années, elle a eu un enfant avec lui qui est Maya Picasso et puis après elles est répudiée, mais elle va consacrer sa vie à l’adoration de Picasso, c’est une vie sous emprise, l’histoire d’une femme qui n’a jamais réussi à se défaire de Picasso. Et ça c’est mon prochain livre qui sort le 11 mai et qui s’appelle Sa vie pour Picasso. 


Quelle est la patte Brigitte aujourd’hui dans l’écriture ? 


La patte Brigitte c’est que je suis une enquêtrice, j’aime aller chercher des choses qui ne sont pas parues et j’aime beaucoup raconter des histoires. Ma patte en littérature c’est que je ne sais pas écrire des biographies classiques, en revanche je sais prendre le lecteur par la main, je sais lui dire pourquoi je suis sur ce sujet, je sais lui raconter mes recherches mes hésitations, je sais lui raconter ce qui m’amuse, ce qui m’attriste. Ma patte, c’est un mélange de récits et d’enquêtes. Un journaliste m’a dit que je faisais des roman-quêtes. Ce qui n’est pas très juste car pour le moment je n’invente pas beaucoup. 

"Ma patte, c’est un mélange de récits et d’enquêtes."

"Je suis le carnet de Dora Maar" par Brigitte Benkemoun.


Pour transmettre le relais, qui souhaiterais-tu entendre dans ce podcast ? 


Roxane Lagache, c’est une illustratrice, photographe. C’est la femme du coréalisateur de mon mari, elle a 25 ans de moins que moi et j’ai un immense respect pour elle. Elle a été mannequin plus jeune, mais elle est loin d’être seulement belle. Elle fait des collages, des illustrations elle est très très talentueuse. Et elle fait toutes les couvertures de mes livres, notamment le prochain.

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