Valentine Cinier, Fondatrice des éditions PAPIER

Pour un art de vivre en pleine conscience


Valentine Cinier dans son appartement fraîchement rénové de Biarritz. Valentine porte une Chemise en Popeline bleue rayée. 

Vue depuis la cuisine sur la pièce de vie. 

Le Monde de RÉUNI explore l'univers, le parcours et les points de vue d'artisans, d'artistes, d'entrepreneurs, de personnalités des industries créatives et culturelles qui contribuent à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et qui influencent d'une manière ou d'une autre notre esthétique et notre art de vivre.


Comme de nombreux Parisiens à la recherche de quiétude, Valentine Cinier a décidé de s'évader de la capitale et a choisi Biarritz comme nouveau cadre de vie. Entre nature et culture, elle y a trouvé le terrain idéal pour réunir ses passions autour de sa micro-maison d’édition : les éditions PAPIER. 


Cette journaliste indépendante déniche les plus belles adresses de restaurants, adresses gastronomiques, hôtels et balades en pleine nature qu’elle sélectionne avec soin au sein de ses éditions. À l’opposé des guides touristiques, elle souhaite mettre en avant une scène locale, au goût du jour, responsable et parfois cachée... Dans le fond comme dans la forme, avec PAPIER elle prend le contrepied de l'industrie de l’édition en travaillant avec des imprimeurs situés à quelques kilomètres de chez elle.


En pleine réflexion sur ses habitudes de consommation, elle nous invite à redéfinir le sens du voyage. Avant de partir à l’autre bout de la terre, on oublie parfois que les plus beaux trésors se trouvent juste là, sous nos yeux. Cette âme curieuse nous invite donc dans son monde, partagé entre sa maison basque, son bureau et ses excursions quotidiennes.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts, ainsi que la retranscription en bas de la page.

Les chaises chinées par Valentine. 

Le salon où Valentine aime regarder par la fenêtre les jours de pluie. 

Aujourd’hui on part à la découverte du Monde de Valentine Cinier.
Valentine pourrais-tu te présenter ?

Je suis journaliste, auteure et j’ai fondé une micro-maison d’édition qui s’appelle Papier depuis la petite cité balnéaire de Biarritz où je vis.

Il fait froid, il n’y a pas grand monde à Biarritz durant l’hiver. Valentine m’accueille dans son appartement de Biarritz. Pourquoi avoir choisi cette ville ?

Je n’ai pas vraiment choisi. Ça s’est fait comme ça à un moment de ma vie où j’avais besoin de changer d’air. Je disais souvent que j’avais besoin de plus de lumière et d’espace. Je suis originaire de Paris et je suffoquais un peu. J’avais envie de voir ce qu’il se passait ailleurs. Biarritz était un hasard total parce que j’avais ma meilleure amie qui venait régulièrement voir un amoureux et en restant un week-end avec eux, j’ai pris une grosse claque. J’ai donc décidé de tenter le coup en me disant que si ça ne marchait pas, je reviendrais sur mes pas.

Vous êtes en train de finir les travaux dans cet appartement que vous avez acquis, on est dans un petit nid douillet. Parle-nous de cet appartement.

Ça a été un coup de cœur mutuel avec mon copain. On a visité en se disant qu’il y avait un gros potentiel. Il s’agit du dernier étage d’une villa basque très mignonne avec un côté sous les combles et une belle hauteur sous plafond. Il n’y avait aucun mur porteur à part un conduit de cheminée au centre de l’appartement. On pouvait tout casser donc c’est pratiquement ce qu’on a fait. On a imaginé des volumes, des portes cintrées, des couleurs qui reflètent le lever du soleil parce qu’on est situé plein Est. C’était assez chouette d’imaginer ce nouveau lieu de vie même si ça a été très énergivore et stressant.

La cuisine. 

La collection de couteaux de Valentine. 

Comment allez-vous décorer cet endroit ?

On ne voulait pas de neuf. On a beaucoup réutilisé les matériaux de l’ancien appartement, soit les portes arrondies sont des portes de placards qu’on a re-coupées. On a réutilisé pas mal de choses pour éviter d’acheter. Pour la décoration, on a chiné auprès d’une décoratrice basée à Biarritz qui a un stock où on a trouvé cette table des années 70 avec un plateau en verre fumé et des pieds chromés. On a chiné ces chaises en skai blanc même si c’était peu cher pour ce que c’est. On avait aussi chiné une table en marbre vert qui a été explosée mais qui va être réparée…

Est-ce que cet endroit te ressemble ?

Oui, je pense ! Je suis très contente d’avoir imaginé cet endroit à deux avec mon copain. Ça a toujours été important pour moi de m’intéresser aux détails, à la décoration, de me sentir bien chez moi et c’était dur de faire ça à deux pour qu’il y ait aussi de l’autre tout en ayant ses repères d’avant. Je trouve que c’est une belle réussite parce qu’on a réussi en ne venant pas des mêmes univers. On a vraiment mixé nos influences et on a fait les choses ensemble donc c’est très agréable. J’aime ce côté ambivalent et ces poutres tranchantes. Le capricorne qui est en moi voit le chemin à tracer. On a pas mal de luminaires ronds années 70 comme cette boule en papier au-dessus de la salle à manger. J'aime bien cette connivence.

Valentine aime recevoir et cuisiner. Ici elle nous prépare un petit-déjeuner. 

Accumulation de vaisselles et d'objets. 

Tu reçois beaucoup ici ?

Oui c’est un vrai appartement à teuf ! On a fait la crémaillère, une petite raclette qui a dégénéré en karaoké dernièrement. Tout est dans des bocaux, on a des thermos, j’ai une grande passion pour les couteaux. Des couteaux à pain, à viande, des opinels de toutes les tailles. J’aime beaucoup cuisiner.

Tu cuisines quoi ?

On fait pas mal de légumes rôtis, c’est notre grande passion. On met des légumes au four avec des épices. On utilise des mélanges d’épices de Roellinger qui sont confectionnés en Bretagne par la famille éponyme à Cancale. Olivier Roellinger était un chef gastronomique 3 étoiles et son fils vient d’être nommé meilleur chef cuisinier par le Gault et Millau 2021. Quand on y est allé pour un reportage, j’ai tout dévalisé. Il y a du gomasio breton, du poivre de toutes sortes… On fait un bon poulet rôti de temps en temps. On adore manger.

Les beaux livres et les céramiques ramenées de voyages. 

La salle de bain. 

Tu es journaliste Lifestyle, quelle est ta définition ?

Dans le cadre du journalisme, c’est ce qui va toucher à l’art de vivre des gens : leur façon de se nourrir, de se loger, de voyager et de se déplacer.

Tu aspires à quoi ?

Personnellement, ça a été une année d’aboutissement, on a beaucoup bâti donc j’ai envie d’apprécier ce qu’on a fait pour construire cette vie à deux donc pour le moment. Je n’ai pas du tout envie de faire d’enfant pour l’instant, je tiens à le dire parce que c’est une vraie pression sociale passée 30 ans. On parle de féminisme, mais je pense que les gens ont encore du mal à se dire qu’une femme peut faire ce qu’elle veut de son corps et à l’heure qu’elle veut. J’aimerais bien en avoir, mais en voyant le monde dans lequel on évolue aujourd’hui cela me fait douter de certaines choses. On a besoin de plus de temps de réflexion parce que le monde bouge plus vite avec ce qu’il se passe. J’aimerais prendre plus de temps pour moi, pour voyager notamment. Avec mon travail, je pense le voyage différemment : en France, en Europe proche avec d’autres moyens de transports et à plus courte distance. Dans ma vie personnelle je m’attèle à faire attention à ma consommation quotidienne que ce soit pour la nourriture, les déchets, les vêtements, les transports, cosmétiques… Ce sont des choses qui m'interpellent vraiment.

Comment arrives-tu à déconstruire certaines habitudes ?

Il y a toujours des moments où on craque de toute façon. Il faut juste se demander si ça nous fait plus de bien que de mal. Évidemment quand on parle du prisme, on parle de ce qui nous fait plaisir à nous mais est-ce que manger au McDo est vraiment un plaisir ? 

La première question que je me pose pour déconstruire, c’est : est-ce que c’est vraiment un kiff ?

Il s’agit de rendre conscient l’acte de manger du Nutella ou d'aller chez Zara. Rien n’est 100% clean mais on dit toujours qu’en avoir conscience c’est la moitié du chemin. Dans la vie, il faut rendre conscients les actes dont on est responsables.

La tête d'Hermès léguée par son grand-père, fan d'archéologie. 

Le dressing de Valentine avec sa chemise bi-goût conçue par sa marraine. 

J’aimerais bien qu’on parle de ton dressing, quelle relation tu as au vêtement ?

J’ai toujours eu du mal à la définir parce que j’aime m’habiller mais je ne suis pas une shopping addict. J’ai toujours eu une façon assez raisonnée et raisonnable de faire des achats. J’adore les fringues fabriquées en France et cette idée que ce soit produit localement me plaît beaucoup. Dernièrement, il y a deux jeunes qui ont monté la marque Hopaal à Biarritz. J’ai toujours un jean, une chemise, une pile de t-shirts blancs et noirs, des cachemires pour l’hiver et des sweats. J’ai un côté un peu normcore. J’adore les manteaux, les chaussures et surtout les sacs et les accessoires.

Comment définirais-tu ton esthétique ?

J’ai l’impression d’avoir construit au fil du temps une forme d'esthétique qui me touche, surtout les choses faites avec le vivant. J’aime bien la céramique car c’est de la terre façonnée et ça me touche beaucoup. Pour la corrélation avec les vêtements, j’aime le côté sobre mais sur les accessoires je vais m’autoriser plus de couleurs. Les pierres reviennent souvent dans le décor de l’appartement. Ce qui est important c’est qu’il y ait de bonnes énergies, que les objets soient sincères et racontent des histoires, un peu comme dans la vie. Je ne vais pas mettre des objets ostentatoires.

Est-ce qu’il y a un objet que tu aimes particulièrement ?

J’adore les objets, notamment les livres. Je viens de récupérer la tête d’Hermès de mon grand-père qui était fan d’archéologie. Il l’a fait faire à Athènes et l’a fait ramener par bateau. Ma mère me l'a confiée, elle est un peu abîmée dû aux déménagements, mais je trouve que ça apporte quelque chose à notre intérieur. J’adore les céramiques. J’en ai quelques-unes qui viennent du Maroc et du Japon. 

J’ai une passion pour l’objet façonné de manière générale.

Le Mood Café à Biarritz. 

Les bouquets colorés et vivants du Mood Café. 

Le monde extérieur 

Maintenant, on est au Mood Café à Biarritz, qui est un petit café que j’adore, situé dans notre rue. J’y passe soit pour faire mes rendez-vous ou prendre un café avant d’aller au travail.

Qu’est-ce que tu aimes ici ?

J’aime l’ambiance c’est toujours chill, on a l’impression d’être chez elle. Il se passe beaucoup de choses. J’aime beaucoup ce quartier et Claire est toujours très souriante.

Il y a une espèce de hype, tu y as peut-être contribué avec ton guide… Quels sont tes endroits préférés ?  

Je ne suis pas tombée là par hasard parce qu’il y a beaucoup d’endroits dans lesquels on peut sortir, manger et boire un verre c’est très agréable. J’aime beaucoup ce quartier, Beaurivage qu’on surnomme “Bibi”. Là on est au Mood Café, il y aussi le Chéri Bibi derrière qui est un bar à vin et une cuisine d’auteur très cool. Il y a de super restaurants comme Epoq, Élément, Carøe qui était à l’origine de la cuisine scandinave et maintenant ils font de la cuisine d’auteur. Je n’ai pas cette frustration par rapport à Paris. Il n’y a pas autant de restaurants mais on est assez gâtés. 

Pourquoi as-tu passé le pas pour t’installer ici ?

J’avais envie de changer d’air et de rythme. Ça a très bien fonctionné pendant 3 ans. Avant, je travaillais souvent tôt le matin et j’allais profiter de la plage et de la nature. J’étais en décalée, je travaillais le soir si besoin mais au moins je voyais l’océan. Là c’est plus compliqué parce que j’ai des choses à faire tous les jours et si je ne les fais pas je dois travailler toute la soirée chez moi. Mais malgré tout, les weekends on peut profiter. On a toujours des brocantes, on peut aller à la plage et faire un tour en van. On vit à Biarritz mais on a l’Espagne, les Landes, Bayonne, Guéthary, Saint-Jean de Luz à proximité.

Légumes et fruits frais. 

Dans les rues biarriotes. 

Tu as trouvé ton équilibre finalement ?

Oui je n’ai pas envie de faire marche arrière. C’est marrant parce qu’avant on me disait que Biarritz était une petite ville et que j’allais m’ennuyer ce qui n’est pas du tout le cas. Maintenant, j’ai envie d’aller un peu plus loin, on rêve d’un lieu de vie à la campagne où on peut être plus isolé car c’est mon mode de création. Je n’arrive pas à écrire dans le quotidien, je suis obligée d’être enfermée pendant plusieurs jours, c’est ce que j’ai fait pour les 3 dernières éditions du guide. Je loue un endroit pour aller écrire. Je suis allée dans les Pyrénées, ensuite je suis allée dans le Béarn et là j’étais dans les Landes. Je rêve d’un endroit comme ça où je pourrais acheter une vieille ferme ou construire sur un terrain au milieu de la nature. C’est marrant parce que c’est ce que j’ai cherché en venant ici c’est-à-dire le calme, la solitude. Maintenant je le cherche ailleurs. J’ai monté ma société, on connaît du monde, il y a pas mal de reportages qui sont fait ici donc je n’ai plus le calme d’avant.

Nous sommes maintenant dans tes bureaux. Ce qui est fou c’est l’odeur du papier neuf quand on entre dans ton bureau…

Oui on a ce toucher qu’on retrouve sur tous les guides des éditions, la typographie en relief avec le logo gaufrée. Dans la forme, c’est un anti-guide. C’est aussi une sélection personnelle. L’idée est de mettre entre les mains un parcours ou en tout cas des idées de parcours qui soient déjà triées avec soin. On n’a pas besoin de re-sélectionner comme dans un guide de 300 adresses.

Valentine et les épreuves de son guide Papier. 
Le bureau de Valentine et des éditions Papier. 
Qu’est-ce qui t’a amenée à créer ces éditions PAPIER ?

Les éditions PAPIER sont nées d’un projet éponyme qui s‘appelle le guide PAPIER. C’était l’envie que j’avais de créer un guide anti-touristique et local. C’est ce que j’aurais aimé avoir quand je me suis installée aux Pays Basque, c’est-à-dire un guide qui donne des adresses confidentielles qu’on ne trouve pas au premier coup d’œil dans une ville. Ce sont des entretiens poussés avec des acteurs locaux sur leur philosophie de vie, sur ce qui les a amenés sur ce territoire. Je me suis demandée ce qu’il y avait de commun entre leur parcours et le mien. L’idée est de permettre aux passants un peu curieux de vivre une vie de local pendant quelques jours ou de faire découvrir le territoire à ceux qui s’installent. C’est un guide qui est né des adresses que j’avais envie de donner à mes proches ou à mes relations professionnelles. Il est né en plein confinement soit en mars 2020. Le guide est sorti en auto-édition, il a fallu le réimprimer, on a eu des demandes de revendeurs donc très vite je me suis dit qu’il fallait monter une maison d’édition. On a pris ce sujet à bras le corps et on a créé une micro-maison d’édition. Il y a la collection PAPIER des guides de voyages confidentiels. Le premier était autour du Pays Basque, le second sur la Bretagne et chaque année on édite des hors-séries pour se faire plaisir. L’année dernière c’était Popote : le guide itinérant du bien manger qui compile dix itinéraires de randonnées au Pays Basque couplés de recettes de pique-nique. Tout simplement parce que c’est quelque chose qu’on aime beaucoup faire au Pays Basque : aller se balader ou faire un tour de vélo. Cette année on a fait un guide sur le vin vivant avec des rencontres de vignerons en France et des articles de décryptage sur ce qu’est la vinification naturelle et aussi une grande sélection en France où on peut acheter ou boire du bon vin nature ( épiceries fines, cavistes, restaurants…). 

Comment fais-tu tes choix ?

J’ai des principes. Je choisis des adresses qui sont ouvertes à l'année parce que c’est ce que j’ai envie d’encourager. Après ce sont souvent des adresses confidentielles. On ne va pas prendre de restaurants de plage, des bars ‘coucher de soleil’. Personne n’a besoin de moi pour trouver ce genre de lieux donc j’essaie de dénicher des chambres d'hôtes, des auberges planquées, des épiceries excentrées… J’adore dénicher des adresses. Ça a été mon travail pendant quelques années. Avant je faisais des city guides pour des médias ou des carnets de voyages donc ce sont des choses que j’aimais et que je savais faire. 

Il s’agit aussi de raconter des histoires en s’intéressant aux gens qui ont créé ces lieux, à leur parcours et leur volonté. 


On parlait de consommation consciente, ce sont souvent des choses qui reviennent. Les sourcing sont impeccables, les produits de saison et pour moi ce ne sont même pas des critères, c’est la base.
LEs étagères remplies de belles éditions. 
Moodboard. 
L’édition est encore un milieu qui n’est pas lié aux questionnements de fabrication contrairement à d’autres industries… Alors qu’en réalité la plupart des maisons d’édition font fabriquer en Chine et livrent par bateau. L’industrie du livre en Europe n’existe quasiment plus…

Oui c’est vrai que c’est une industrie opaque. Il y a les méthodes de conception : ça part du graphisme et des photographes donc de personnes bien rémunérées et ensuite la méthode de façonnage. En Europe et en France il y a de superbes imprimeries. On a fait le choix d’imprimer en Espagne parce qu’on est seulement à 20km. On imprime dans une petite imprimerie à San Sebastian. On a aussi fait le choix de la pré-commande pour éviter le gâchis de papier. Quand on voit rien que pour le calage de l’impression que des planches sont jetées on imagine bien le dégât que ça peut avoir sur des invendus, sur des tirages trop importants. On a essayé de concevoir le guide de manière éco-responsable et locale. On fait tout ici, les commandes sont faites au Pays Basque. La force qu’on a dans la micro-édition c’est de pouvoir faire des livres sur-mesure, on choisit chaque option, le papier est commandé uniquement pour chaque projet. Là où les grosses maisons d’édition achètent en gros et font fabriquer en Chine… je ne jette pas la pierre parce qu’il en faut pour tous les goûts mais en effet le consommateur devrait se poser des questions par rapport au prix de vente et à la taille. Si le prix est dérisoire, c’est soit la main d’œuvre soit la planète qui prend. J’ai choisi le format du guide qui est un format souple mais qui est joli. Il peut vivre sur une table basse ou dans une bibliothèque et qui permet aussi d’être emporté, il n’alourdit pas le sac car c’est un guide de voyage. J’adorerais faire des livres avec des couvertures rigides avec des chefs, de voyage ou d’art mais pour un budget plus conséquent car ça coûte beaucoup plus cher. On y travaille mais il faudra aussi faire appel à la pré-commande. Je pense que les gens sont très demandeurs de soutenir la micro-entreprise et ils ont compris le principe de recevoir deux mois après l’achat. 

Quel regard portes-tu sur notre époque ?

Je pense qu’elle est mouvante, porteuse d’espoir mais pas toujours rose. J’ai aussi des inquiétudes par rapport à l’actualité quotidienne. Je lis le journal tous les jours. Parfois je ne suis pas sereine mais je me dis qu’on fait les choses avec le cœur, de manière consciente et surtout bienveillante. Dans notre maison d’édition, on se demande toujours pourquoi on le fait ? Est-ce qu’on le fait pour enrichir les gens ou pour s’enrichir soi-même ? Même si on ne crée pas des choses pour faire plaisir à l'autre, il faut que ce soit rentable. C’est une question qui me paraissait abjecte mais je me dis qu’il vaut mieux faire moins mais mieux pour que ce soit rentable. J’insiste sur le fait que ce soit un projet indépendant, auto-financé. On n’a pas de pub, ce qui est une grande fierté quand on voit le milieu de la presse.

Pour découvrir l’intégralité de l’interview retranscrite cliquez ici.

Retrouvez également l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts.

Crédits photos RÉUNI.


Références : 

Valentine Cinier : http://valentinecinier.fr

@valentinecinier : https://www.instagram.com/valentinecinier/ 

Les éditions PAPIER : https://editionspapier.fr

 Le nouveau guide Pinard est disponible : https://editionspapier.fr/pages/decouvrez-le-guide-pinard?_pos=2&_sid=f1dfe089a&_ss=r 

Épices Roellinger : http://www.epices-roellinger.com 

Hopaal : https://hopaal.com

Cyril DENNERY : http://cyrildennery.com 


Adresses : 

Le Mood Café : https://moodcafe.fr

Chéri Bibi : https://cheribibibiarritz.com 

Epoq : https://lefooding.com/restaurants/restaurant-epoq-biarritz

Elements : https://lefooding.com/restaurants/restaurant-elements-bidart

Caroe : https://www.caroe.fr 

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