Domitille Basso, Fondatrice de Thyrse, L'art de composer avec le vivant

Nature morte dans l'atelier de Thyrse.

Domitille dans son atelier en train de confectionner un bouquet, elle porte la Chemise en Popeline Réuni.

Le Monde de RÉUNI explore l'univers, le parcours et les points de vue d'artisans, d'artistes, d'entrepreneurs, de personnalités des industries créatives et culturelles qui contribuent à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et qui influencent d'une manière ou d'une autre notre esthétique et notre art de vivre.


Alors qu’elle dessinait les broderies pour la maison Saint Laurent, Domitille Basso a choisi de développer sa fibre artistique sous une autre forme. De son amour pour les couleurs, les textures et la composition, elle a inventé son art autour de la composition florale en fondant Thyrse. 

Depuis petite, c’est avec sa grand-mère qu’elle prend goût au contact de la nature. Une nature sauvage qu’elle tente de comprendre, analyser, sélectionner pour ainsi mieux composer avec son regard et ses mains. Une approche intuitive au sensible qui lui vient sûrement de la philosophie de sa pratique. 

Lors de cet échange, elle nous emmène à la découverte de son atelier niché au cœur du 11e arrondissement de Paris, où elle passe son quotidien entre ses végétaux, son épicerie favorite de quartier et parfois autour d’une table avec ses amis.


Retrouvez l’intégralité de l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts , ainsi que la retranscription en bas de la page.

Domitille nous présente un livre de Dries Van Noten, elle porte la Chemise en Popeline Réuni.

Domitille feuillette ses livres dans son atelier. 

Bonjour Domitille, pourrais-tu te présenter ?


Je m’appelle Domitille Basso, je viens de Paris et je fais des compositions florales à la demande. Je travaille pour des particuliers et des professionnels. Avec les fleurs, on peut faire mille choses donc on va pouvoir en parler.


Comment te définirais-tu ?


Fleuriste, designer florale… ça dépend des boulots. Quand je fais des bouquets, c’est plutôt le travail de fleuriste. Quand je fais des photos c’est plutôt du stylisme. Je fais aussi des sculptures florales.


Qu’est-ce qui t’attire dans les fleurs ?


C’est un truc qui est là depuis longtemps.

Ce que j’adore quand je suis avec les fleurs, c’est de faire un truc avec mes mains, de couper, d’assembler, de trafiquer... Je me mets par terre, j’ai l’impression d’avoir 5 ans à nouveau.

Le geste qui m’évoque le plus cela, c’est quand je prends des seaux et que je verse de l’eau dedans. J’ai l’impression d’être sur la plage et de construire un château. J’ai cette sensation de redevenir un enfant quand je manipule tout ça.

Qu’est-ce qu’il se passe dans ta tête quand tu manipules la matière ?


Je cherche l’équilibre, un truc qui vibre, qui se répand dans les couleurs et dans les lignes. C’est de la pure composition après j’ai toujours envie que ça soit parfait, un peu comme toute composition.

Dans l'atelier de Domitille, fondatrice de Thyrse.

Domitille nous montre ce qui se cache derrière son rideau à paillettes. Elle porte la chemise Réuni en coloris Bleu nuit. 

Que s’est-il passé avant 2021 et Thyrse ?


Avant j’étais styliste, je dessinais des broderies dans un studio à Paris - chez Saint Laurent. J’y suis restée sept belles années et puis je suis partie avec l’idée de faire des fleurs.

Donc tu avais déjà une appétence ?


Oui j’avais envie de partir de cette entreprise. Quelque chose s’est aligné dans ma tête. Je savais que je voulais faire des fleurs mais je ne savais pas comment. C’était mon projet pour partir. Quand j'en parlais autour de moi, c’était un gros projet qui allait changer ma vie et les gens le voyaient comme une évidence.


Le stylisme a-t-il une influence sur ton travail de création florale ?


Je ne sais pas dans quel sens ça va mais oui ça se répond en tout cas.

Avant de faire le look, c’est comme si je faisais une broderie. Je vais avoir un dessin et ensuite je me demande sur quelle base je vais le faire. Je prends un tissu, je vois si ça marche, je regarde les couleurs, les paillettes, quel fils je vais y associer... Dans le travail de la matière, c’est un travail de composition.

Le stylisme est un travail de composition de tissus, de couleurs et de volumes. On associe les choses et avec la fleur c’est pareil, comme si on faisait un look.

Domitille nous présente son livre sur les tapis.

Domitille devant une de ses boutiques fétiches  Sunshine au 145, Boulevard Magenta à Paris. Elle pose avec une sublime robe à paillettes et tient dans ses bras le petit bouquet confectionné pour sa grand-mère. 

J’ai l’impression que tu as un truc de très organique et c’est pour ça que tu émerges dans ce milieu…

 

Oui c’est instinctif. En ce qui concerne la composition, j’ai comme un caillou dans ma chaussure si ça ne marche pas. J’essaie d’écouter mes sensations. Après c’est intéressant de voir ce qu’il se passe. Ça fait du bien de voir plein de nouvelles personnes qui ont fait d’autres choses avant. C’est aussi un moyen de mixer les médiums pour composer. C’est un autre œil. J’aime bien le travail des grands comme des petits.


Que s’est-il passé après ton stage chez Racine ?


Pour mes 30 ans, mes amis m’ont offert des cours d’ikebana, l’arrangement floral japonais. C’est à l’opposé de ce que j’ai appris à l’école de fleuriste car il s’agit plus d’un choix du végétal. Il y a toute une philosophie autour. C’est une représentation de la nature à une petite échelle. Il y a des règles de compositions issues de la nature qui sont très précises pour trouver l’harmonie parfaite qu’il y a dans la nature. Par exemple, les végétaux ne se touchent jamais. Quand on va dans une forêt, rien ne se touche.

Nature morte dans l'atelier de Domitille. 

Les boots à paillettes de Domitille. 

J’ai vu que ta grand-mère avait une maison dans le Perche et que ça avait nourri ta relation avec le végétal...

 

Oui complètement, j’y ai passé du temps en étant petite. Ma grand-mère à la main verte, tout prend vie sous sa main. Elle habite à Paris mais elle a construit un jardin dans le Perche. Elle a une approche organique et intuitive. Il y a un truc assez magique, tout est mélangé entre les herbes aromatiques, les arbres fruitiers, les herbes, les roses… Chaque plante a une histoire. Quand je voyageais avec elle, elle récoltait des graines dans les jardins. C’est une petite maison mais maintenant la nature a un peu repris le dessus. J’y ai fait plein d’expériences pendant le confinement. J’ai passé plus de temps là-bas et j’ai adoré planter mes propres graines pour ensuite glisser les fleurs dans mes bouquets.  


La collection de livres de Domitille. 

Domitille devant le Consulat, elle porte la Chemise en Popeline Réuni. 

Et quand tu ne travailles pas, qu’est-ce que tu aimes faire ?


Je vais chez des amis et je mange (rires). C’est vrai qu’il y a des expositions, des films que j’ai ratés et j’aimerais avoir plus d’énergie pour le faire mais en réalité je vois ma famille et mes amis dans ces moments-là.


Quelle place la nourriture occupe-t-elle dans ta vie ?


J’aime manger. Je suis plutôt salé que sucré. J’aime qu’on me fasse à manger. Je ne cuisine pas vraiment.  Ma spécialité c’est des légumes vapeur au parmesan et à l’huile d’olive (rires).


Quelle est ton adresse food favorite ?

 

L’épicerie Roots au 47 rue Léon Frot dans le 11ème arrondissement. C’est très local et c’est bon tout simplement. Le Saint-Nectaire et les huîtres sont incroyables !


Domitille pose devant la boutique Sunshine dans une sublime robe à paillettes. 

Étalage de l'Épicerie Roots au 47 Rue Léon Frot, Paris 11e. 


Tu nous as emmenés dans ton magasin préféré : SunShine, à côté de la gare du Nord. Pourquoi tu nous as emmenés ici ?


Cette boutique est le début d’une série de boutiques assez fabuleuses sur le boulevard Magenta. Plus il y a de paillettes, plus ça me fait rêver. Il y a des tenues de tapis rouges que j’adore. J’ai l’impression que l’on peut tout faire avec ces robes, elles ne craignent rien. 


Tu viens souvent dans ce quartier ? 


Ma grand-mère habite à côté. On allait au marché Saint-Pierre avant. J’ai un peu l’impression d’être une enfant avec des robes de princesse, je vois des trucs briller de partout qui saturent ma vision et j’aime beaucoup, ça m’hypnotise.


Pour découvrir l’intégralité de l’interview retranscrite cliquez-ici

Retrouvez également l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts.


Crédits photos RÉUNI et Camille Verguin 

Références :

Thyrse : https://www.instagram.com/thyrse.paris/

Le Consulat : https://www.instagram.com/leconsulatparis/

École des fleuristes de Paris : https://ecoledesfleuristesdeparis.fr

Racine : https://www.racine-paris.fr

La vie Secrète des arbres, Peter Wohllenben

Klante communication : https://www.instagram.com/klante_communication_/

Carel : https://www.carel.fr/fr/ 

Adresse : 

Épicerie Roots, 47 Rue Léon Frot, Paris 11

https://www.instagram.com/epicerieroots/ 


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