Julia Klante, Attachée de presse chez Klante

“Ce qui m’intéresse, c‘est de créer des rencontres et des synergies entre des talents, des projets et des institutions pour créer de nouvelles histoires.”

Les objets collectionnés dans le salon de Julia Klante. 

Julia, fondatrice de l'agence Klante. 

Le Monde de RÉUNI explore l'univers, le parcours et les points de vue d'artisans, d'artistes, d'entrepreneurs, de personnalités des industries créatives et culturelles qui contribuent à la préservation et à la valorisation des savoir-faire et qui influencent d'une manière ou d'une autre notre esthétique et notre art de vivre.


Elle a fait de ses rencontres un métier. Julia Klante est attachée de relations presse et publiques au sein de son agence éponyme. Situés dans le 1er arrondissement de la capitale, tout près des Tuileries, ses bureaux font office de lieu d’exposition où se mêlent des pièces d’artistes et du mobilier vintage. 


Son art de vivre a naturellement initié les fondements de son agence Klante. Elle imagine son travail comme une curation personnelle de talents, projets et institutions, parfois issus de domaines différents, qu’elle prend goût à associer.


Si elle considère son lieu de travail comme une deuxième maison, son appartement quant à lui se trouve dans le 20 ͤ arrondissement, où elle passe l’autre moitié de son temps. Lorsqu'elle n’est pas en train de chiner des pièces 70's dans les vide-greniers, elle aime passer du temps dans son restaurant préféré ou bien faire le marché Place de la Réunion.


Pour Le Monde de Réuni, Julia nous partage un extrait de son quotidien exalté par des échanges autour de l’art, la gastronomie et le design.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts, ainsi que la retranscription en bas de la page.

Livres de poche et coffee-table books. 

Plantes et peintures. 

Bonjour Julia, pour commencer comment te définis-tu ? 

Je ne pourrai pas vraiment répondre à cette question mais dans mon métier je suis attachée de presse. J’ai créé une agence de relations presse et publiques à Paris qui s’appelle Klante. On retrouve un peu ce métier dans ma vie personnelle parce que j’adore voir du monde, être entourée et organiser des dîners. Et surtout, j’adore le milieu artistique et la seconde-main. Je suis une passionnée d’art, d’art de vivre et de partage.

Le monde intérieur

Où sommes-nous ? 

Nous sommes dans le salon de l'appartement où nous vivons avec mon compagnon Raphaël Giannesini. On est rue de Bagnolet dans le 20e arrondissement de Paris, pas loin du Père Lachaise à Alexandre Dumas.

Pourquoi as-tu décidé de t’installer ici ?

J’ai cherché pendant longtemps. J’étais seule à l’époque et j’ai trouvé un super bon plan. Quand je suis allée le voir, il était tout défraîchi donc je l’ai un peu rénové. Il y a cette fenêtre que j’adore, c’est une grande ouverture sur la villa Riberolle, au fond il y a plein d’ateliers et de jardins et quand tu te balades tu longes le cimetière où il y a des restaurants cachés. Je cherchais dans le quartier Alexandre Dumas. 
La partie de Memory entre Julia et sa grand-mère. 
Tableau peint par l'oncle de Julia. 

Julia dans son salon. 

Pourrais-tu nous décrire cette pièce ?

C’est notre salon qui est devenu un bazar organisé. Mon copain est commissaire d’exposition donc il collectionne pas mal, et moi aussi d’ailleurs. On a voulu fusionner nos collections et comme c'est le lieu où on se réunit avec nos amis, c’est là où on met toutes nos trouvailles.

Quels sont les objets que tu affectionnes particulièrement ?

J’ai un tableau familial où on me voit jouer de dos. C’est un tableau qui a été peint par mon oncle normand. C’est une partie de memory que je faisais avec ma grand-mère qui était alzheimer donc c'est très symbolique. Je l’ai récupéré après la vente de notre maison et c’est l’un des plus chers à mon cœur. Sinon j’ai cette pièce de Hugo Avigo, c’est un artiste très talentueux qui fait beaucoup de formes abstraites, et qui a beaucoup d'humour. C’est la première œuvre qu’on a achetée à deux avec Raphaël. Je peux aussi te montrer ces tableaux que j’ai trouvés dans des brocantes. J’aime beaucoup la figure féminine surtout quand elle a les cheveux attachés avec ce côté masculin comme une sculpture. Les tableaux sont anciens donc on voit vraiment l’objet en tant que tel, ça ne plaît pas à tout le monde mais moi j’aime bien ce côté matière brute. Même les cadres sont abîmés. Il y a aussi ces têtes moulées en résine du Musée du Louvre que j’ai achetées en vide-greniers. J’en fais très régulièrement. 

Cette photo est très belle…

Je l’ai trouvée dans la rue et j’ai trouvé ça dingue parce que rien que le cadre méritait d’être récupéré. C’est une photo au Maroc qui représente une fête religieuse j’imagine. Il y a des palmiers assez fous. Là, on a une autre artiste allemande que j'aime beaucoup qui s’appelle Ophelia Finke. Ce qui est drôle, c’est qu’on a acheté ces pièces séparément et on les a fusionnées pour faire une série. On a aussi cette lampe qu’on a achetée il y a deux semaines. On était avec notre ami Octave Marsal qui fait du dessin et qui a pris un eye-liner pour dessiner sur l’abat-jour.

Une photo venant du Maroc, trouvée par Julia dans la rue. 

La cuisine où Julia aime passer du temps. 

Quel est l’endroit que tu préfères dans cet appartement ?

Ma cuisine. J’adore cuisiner.

Tu cuisines quoi ?

Ma spécialité, ce sont les pâtes. Tous les dimanches, c’est pâtes. Je fais des pâtes alle vongole, des gnocchis maisons, des cacio e pepe et des pâtes à la sauce tomate.

Et tu as une appétence pour la décoration de table ?

Oui je crois mais ça ne fait pas très longtemps. C’est devenu à la mode après le confinement. Avec le retour à l’artisanat, les trentenaires changent de vie et reviennent au travail des mains. L’art de table ça correspond aussi à cette envie d’investir pour chez soi. 

L’art de table ça correspond aussi à cette envie d’investir pour chez soi.

C’est vrai que ça m’intéresse beaucoup et ça fait sens avec la cuisine.

On continue la visite ?

Oui on peut aller dans ma chambre. Ce qui est beau, c’est surtout la vue. Elle est très calme, parce que la rue de Bagnolet est très bruyante, on ne peut presque pas ouvrir les fenêtres. Cette chambre est simple, on retrouve des petits objets partout. Il y a ma plante qui est morte. C’est un noyau d’avocat que m’avait offert un ami, je m’en suis super bien occupée et je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Il y a cet espèce de rideau avec tous tes vêtements… À la base ça c’est son placard et moi j’occupe tout le reste de la maison. Tu vois l’inégalité, c’est un scandale.

Des peintures jonchent les murs du salon. 

Vase La Romaine Editions, Bouquet de Thyrse Paris 

Qu’est-ce que l’art de vivre selon toi ?

C’est une manière élégante de vivre son quotidien dans n’importe quel détail que ce soit les endroits où tu vas voir des expositions, les livres que tu lis, les bijoux que tu achètes, les cafés, les restaurants où tu vas. Tout correspond à une forme de qualité, ce n’est pas forcément du luxe. C’est une question de qualité de vie, accessible ou non.

C’est savoir s’entourer de beau ?

Oui, de ce qui est bien pensé, de gens qui sont sympathiques. Jamais ça ne me viendrait à l’esprit de porter quelque chose d’une personne exécrable, je trouve que ça se voit. L’art de vivre c’est ça : ce sont tous les détails qui constituent ta journée qui vont te suivre un peu partout et regrouper des gens autour de ces mêmes goûts-là.

Quel est ton art de vivre à toi ?

C’est de la curiosité, d’essayer de m'ouvrir, de découvrir. Tu me demandais si je voyageais beaucoup, mais quand tu es à la recherche d’une chose nouvelle, tu voyages d’une certaine manière. J’ai cet attrait pour la seconde-main et de ne pas forcément aller vers de la nouvelle consommation. J’adore les restaurants, les bars, les lieux de rencontres.

Tu me demandais si je voyageais beaucoup, mais quand tu es à la recherche d’une chose nouvelle, tu voyages d’une certaine manière.


J’ai cet attrait pour la seconde-main et de ne pas forcément aller vers de la nouvelle consommation. J’adore les restaurants, les bars, les lieux de rencontres.
La fontaine de la place de la Réunion. 
Boule disco en guise d'accueil. 
Le monde extérieur. 

Où nous emmènes-tu ?

Je vous emmène place de la Réunion, le chemin est assez drôle parce qu’il y a plein de bâtiments assez modernes. Il y a un marché où je vais le dimanche. Il y a aussi un de mes restaurants préférés qui s’appelle La Vierge de la Réunion. Durant le confinement, il y avait plein de terrasses installées sur la place de la Réunion, c’était très vivant.

Qu'est ce que tu aimes à la Vierge de la Réunion ?

J’y vais très souvent. C’est délicieux. Ils changent de menu presque tous les jours donc ce n’est jamais la même chose. J’aime bien l’ambiance, c’est un peu familial. Et j’aime bien la devanture de cet endroit.

Qu’est-ce qu’on y mange ?

Ils changent de menu donc on peut regarder sur la carte. Ce ne sont que des assiettes à partager, avec des choses simples et d’autres plus compliquées. Du tarama, des endives, des bulots mayonnaise, des frites, des anchois, de la courge spaghetti ricotta fumée olives, des champignons sur toast, de la persillade, du potage de blette… Soit une cuisine de marché. Le chef est anglais. Ce que j’adore ici, ce sont les vins - j'aime bien les vins natures. Et tu manges dans la cave.

Quelles sont tes autres habitudes dans ce quartier ?

Les marchés, dont celui de place de la Réunion tous les dimanches et un autre boulevard Philippe Auguste tous les samedis. Donc les week-end sont rythmés par les marchés ce qui est important à mon sens.

Julia dans la rue du 20ème. 

La Vierge de la Réuni, le restaurant-cave préféré de Julia. 

Revenons sur ton parcours…

Au début, je ne savais pas trop quoi faire. J’ai fait une école de communication. J'aurais préféré faire autre chose au fond de moi mais ce n’était pas si mal. J’ai fait des stages très tôt. J’ai travaillé dans des médias tels que Snatch et Technikart et j’ai adoré ce secteur sauf que je ne savais pas bien écrire comme un journaliste. Puis je suis partie à Londres pour faire un stage de fin d’études dans une super agence qui s’appelle Scott & Co spécialisée dans l’art contemporain et l'art de vivre. Elle s’occupait notamment de la foire Frieze à Londres. Ils m’ont embauchée à la fin du stage et je suis restée 4 ans là-bas. J’ai découvert la vie à Londres, j’ai rencontré beaucoup de monde donc je me suis vite ouverte à ça. Après, je suis rentrée à Paris parce que j’en avais un peu marre de Londres, c’était très cher. Je suis donc allée dans une galerie de cinéma qui s’appelle la Galerie Cinéma et qui appartient à la productrice Anne-Dominique Toussaint, qui a produit par exemple Les Beaux Gosses de Riad Sattouf. Elle invite au sein de sa galerie des personnes du cinéma à exprimer leur art par d’autres médiums que le cinéma soit par de la photo, de la peinture, des dessins. On a exposé Romain Duris, Charlotte Lebon, Hervé Guibert, c’est dans le Marais Rue Saint-Claude. Puis je me suis remise dans le milieu des relations presse. J’ai fait une mission pour l’agence Karla Otto, puis en interne chez Studio KO, un cabinet d’architecture et enfin chez David Giroire.

Parle-nous de Klante. En quoi consiste ton métier ?

C’est une agence de relations presse et publiques. Le métier de RP consiste à mettre en lumière des projets au travers de rencontres avec des médias et des professionnels. Ça permet de mettre en avant les valeurs d’une entreprise, d’un projet, d’un talent artistique. On organise des rencontres essentiellement avec la presse quand on parle de talents ou de projets dans les médias. Mais aussi créer de l’influence digitale avec les réseaux sociaux. Ce qui m’intéresse, c‘est de créer des rencontres et des synergies entre des talents, des projets et des institutions pour créer de nouvelles histoires. La genèse du projet était de créer du lien entre ces acteurs.

Le bureau de Julia. 

Céramiques : Stephane Mulliez 

Emile Degorce Dumas x Thomas Koenig 

On arrive dans ton antre. Où sommes-nous ?

On est dans mon agence, Klante. On a plusieurs espaces, là on se trouve dans l’espace de réception principal où on expose le plus de pièces. On est actuellement dans la cuisine. 

Où sont situés tes bureaux ?

On est rue Saint-Honoré, loin du 20e, au métro Tuileries en face de l’ancien concept-store Colette. 

Qu’est-ce que tu aimes dans ce quartier ?

J’aime la proximité des restaurants japonais de la rue Saint-Anne, les vieux cafés et bistrots. Et j’aime les Tuileries.

Pourquoi avoir choisi ce lieu ?

Ma famille a toujours travaillé dans ce coin. Mon père avait un restaurant sous les arcades. Il avait un self juste à côté et on a grandi dans ce quartier avec ma sœur. J’ai eu la possibilité d’avoir ces locaux. J'ai saisi cette chance. C’est un quartier central et pour un métier comme le mien ce n’est pas mal. En plus de cela, l'espace est divisé. 
Le bar Christofle. Vaisselle et lampe : La Romaine Editions.  Céramiques Stephane Mulliez 

Vase La Romaine Edition, Céramique Stephane Mulliez, Photo de Bastien Lattanzio

On sent que le mobilier a bien été choisi…

J’ai accordé beaucoup d’importance à ce lieu parce que c’est un lieu que je voulais élégant. Je voulais montrer le sens du détail. Je suis partie sur une base de mobilier de famille issu des années 70, en loupe d'orme, très chrome, avec du cuir, du verre. Il y a des fauteuils Pierre Guariche que j’ai trouvé sur Leboncoin parce que je voulais accompagner cette table d’échec - j’aime bien les échecs et le backgammon. Il y a un jeu à l’intérieur. J’espère organiser un tournoi un jour. Il y a aussi des étagères Bouroullec de chez Vitra, du mobilier classique que j’ai chiné et des luminaires de Sciolari, un designer italien. Dans les espaces d’exposition, l’éclairage est important et c’est ça que je n’aime pas dans l’autre espace où il y a des lumières très directes et rasantes et j’aimais ce côté chaleureux des lampes d’appoints qui font qu’on se sent bien et pas agressé par la lumière d’exposition.

Tu m’emmènes dans ton bureau ?

Oui. Là, il y a un autre luminaire en verre de Murano, c’est du verre soufflé. Il y a mon ensemble Pierre Paulin que j’ai récupéré de mon grand-père. Avant je jouais dessous quand j’étais petite et maintenant je travaille dessus. Je suis assez chanceuse d’avoir ça. Les pièces sont vintage mais assez contemporaines quand même. Je trouve que le chrome apporte une élégance forte.
Etagères des frères Bouroullec et bougeoir de l'artiste Inès Mélia. 
Julia a son bureau. 
Dessin de Jack Rothert Garcia, Medailles Stephane Mulliez.
Il y avait de la musique quand on est arrivés…

Oui il y a tout le temps de la musique. Notre chanson du moment c’est la Kiffance de Naps. Il y a des moments de calme ou des moments d’excitation comme le vendredi soir…

Dernière question, qui aimerais-tu entendre dans ce podcast ?

Naps ce serait génial ! (rires) Stéphane Mulliez qui est une artiste qui habite à Lisbonne où elle a une résidence d’artistes La Junqueira. Elle a lancé sa ligne de céramique qui correspond très bien à Réuni

Pour découvrir l’intégralité de l’interview retranscrite cliquez ici.

Retrouvez également l’interview sur toutes les plateformes d’écoute de podcasts.

Crédits photos RÉUNI.


Références :


L’agence Klante : https://klante.co

@klante_communication : https://www.instagram.com/klante_communication_/

David Giroire : http://davidgiroire.com

Studio KO : http://www.studioko.fr 

Galerie Cinéma : https://galerie-cinema.com 

Scott and Co : https://scott-andco.com/about/ 

Technikart : https://www.technikart.com/produit/technikart-abonnement/ 

La junqueira : https://lajunqueira.org/residency/

La Romaine Editions : https://laromaine-editions.com

Emile Degorce-Dumas : https://www.instagram.com/emiledegorcedumas/?hl=en

Thyrse : https://www.instagram.com/thyrse.paris/?hl=en

La Baroude : https://www.instagram.com/la_baroude/?hl=en

Raphaël Giannesini : https://www.instagram.com/gia_viewing_room/?hl=en

Stephane Mulliez : https://www.instagram.com/stephanemulliez/?hl=en


Adresses : 


À la vierge : https://www.alavierge.com 

La Cave Michel https://www.instagram.com/lacaveamichel/?hl=en

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